Plus l’incongruité de la chose est énorme, plus on vous assène des "normal" magistraux.
Malgré notre sang chaud et nos nerfs à fleur de peau nous sommes devenus grâce à nos expressions d'impassibles flegmatiques. Mais dans les faits, la réalité est tout autre.
Nous sommes donc officiellement conforme à la norme.
Mais de quelle norme s’agit-il ?
Celle qui prévaut ailleurs ou tout simplement une rationalité adaptée à nos latitudes.
D'un côté, une malheureuse femme qui dort à poings fermés sous un soleil de plomb à même le macadam dans une indifférence quasi totale, et de l'autre, la chanceuse pharmacienne d’en face, que j’ai eu l’audace de déranger dans sa somnolence de midi, n’a pas trouvé mieux que de m’infliger un "normal" ennuyé sur l'état de détresse de la clocharde.
Devant mon insistance insolite, la femme en blouse blanche a fini par me lancer un bruyant : « elle veut se suicider » !
Dernière nouveauté dans ce paranormal local, le suicide sur la place publique est devenu coutumier
L’Assistance à personne en danger ne fait plus partie de nos usages normaux; classée d’illogique, elle permet à l’apothicaire retranchée dans son officine climatisée de continuer à sommeiller la conscience tranquille.
Par peur de rameuter les flics (à défaut de structures sociales), et assister impuissant à son embarquement sans ménagement vers un avenir plus incertain....
Aidé d’un bienveillant éboueur ruisselant de sueur, on a déménagé de force la "suicidaire" toujours groggy, pour la mettre à l’abri d’une société où son cas fait partie désormais d’une aberration aussi bien linguistique que comportementale.
Malheureusement, cette nouvelle et inhabituelle "anomalie sociétale" est, de loin, la plus alarmante.