Samedi 03 Mai 2008

Si on pouvait faire un sondage sur le régionalisme et ses dérives en Algérie, il est fort à parier que quatre-vingt-dix-neuf pour cent des sondés, pour des raisons de convenance hypocrites, se déclareraient très hostiles à cette pratique.

 

Mais la réalité est tout autre. Nous sommes minés par ces agissements archaïques qui ne font qu'exacerber les frustrations des uns et des autres.

 

A titre d'exemples significatifs et pas du tout exhaustifs, le gouvernement est composé de onze ministres issus du même patelin que le président. Dans une époque toute récente la RSTA (régie des transports Algérois) ne faisait travailler que des kabyles et au ministre de l'enseignement supérieur à cause du passage très lointain d'un ministre de Jijel, il est devenu de bon ton d'inscrire en grosses lettres sur son cv son appartenance à cette région.

 

Et les exemples sont multiples et variés. Dernièrement au M'zab, des heurts avec mort d'homme se sont produits à cause d'une haine viscérale entre arabe et mouzabites.

 

L'Algérois fraîchement débarqué en 62 (majoritaire) et celui qui occupe les lieux depuis de nombreuses générations se considèrent comme le centre du monde et parlent d'envahisseurs de gens venus quelques années plus tard tentés leur chance dans la capitale et ainsi échapper aux affres de la misère et de l'abandon. Et entre le premier et le second une animosité certaine est palpable, l'ancienneté est source de toutes leurs futiles et médiocres disputes.

 

Et en remontant plus loin, il ne peut échapper à personne que toutes les liquidations et les nombreux règlements de comptes qu'a connu la révolution algérienne ont été motivés essentiellement pour des raisons de suprématie d'une région sur l'autre.

 

Et le contre-coup de ces affrontements tribaux se ressentent jusqu'à nos jours dans les sphères décisionnelles de l'appareil d'état aussi bien "civil" que militaire. Certaines régions de l'est du pays se sont taillées la part du lion au détriment de toute une Algérie qui a eu subir le diktat imposé par les vainqueurs d'une lutte intestine Algéro-algérienne féroce et épouvantablement sanglante.

 

Tout cela sans parler des prises de becs et autres engueulades musclés du quotidien entre citoyens qui se terminent toujours par des insinuations blessantes et mesquines sur les origines des uns et des autres.

 

Sous d'autres cieux, loin de notre petit village de chauvins, pour qualifier le racisme envers les étrangers, on a parlé et à juste titre de bête immonde. Chez nous, un adjectif supplémentaire s'impose pour dénoncer encore plus ce "communautarisme" régional et l'homologuer d'ignoble bête immonde et, tant pis pour la redondance pléonasmique.

 

Il est certain que les brillants grammairiens, toujours attachés eux à leur statut de citoyens du monde, ne pourront en aucun cas s'offusquer de mes audaces linguistiques, qui en fait n'ont qu'un seul but dénoncer les méfaits d'un cancer qui ronge sournoisement toute une société.

publié par BAROUD dans: baroud

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