J'ai débouché dans une clairiaire silencieuse et, brusquement, le chant des oiseaux m'a paru se ralentir, se muer peu à peu en grondements féroces. Il s'étouffait puis s'amplifiait comme un tonnerre destructeur qui me faisait éclater les tympans. J'ai hurlé de toutes mes forces et j'ai promené un oeil hagard autour de moi. Je me suis vu dans une forêt sauvage, sans foi et sans clémence. Des singes agressifs m'observaient méchamment. des chimpanzés moqueurs, des gorilles menaçants et des troupeaux de babouis lubriques. Ils étaient vêtus de costumes légers comme l'air estival et les robes des guenons flottaient au vent. J'étais plié en deux, égaré parmi ces hordes de primates qui découvraient leurs crocs pour m'agonir d'injures. J'étais contraint de lever mon arme pour les tenir en respect. Soudain, une clé a tourné dans la serrure, mon visage réveillé était inondé et regardait avec une frayeur indicible mon ange gardien qui venait de me tirer de ses ondes maléfiques. Le jour déclinait et le bleu du ciel commençait à s'assombrir.
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