J'ai d'abord avancé le cou et ensuite je me suis levé. J'ai aperçu un panorama démesuré. En bas, le dernier étage d'un immeuble avec une façade de balcons assombris. En haut, un large ciel où la lune luisait dans un bleu d'encre. Une sensation m'intriguait: celle d'être exposé aux éléments comme en plein air ou sur l'avancée d'un fragile belvédère. Mon imagination a couru si fort que j'ai éprouvé un vertige qui m'a rejeté en arrière.
Puis un reflet..... l'image représentait un vieil homme à la longue barbe blanche accroupi sous un arche de pierre obscure. Il allongeait les bras dans un effort surhumain pour atteindre un halo d'une blancheur éclatante.Un oiseau aussi noir que la voûte émergeait de la lumière, le bec embarrassé d'un lourd fardeau. J'ai fait un rapprochement avec les tableaux qui illustraient mes livres scolaires d'un passé trop lointain.
Je découvrais enfin l'insolite d'une fenêtre de trois mètres de haut dont l'échancrure incisait le mur sur toute sa longueur. Une fenêtre qui n'avait besoin ni de traverse ni d'appui. Une porte endiguée par une rambarde mais ouvertes sur les étoiles telle balise d'envol.
Je suis revenu dans ma chambre et me suis laissé tomber sur une chaise bancale qui ne faisait que décupler mon étourdissement bienfaisant et surtout trés payant.