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Mercredi 12 Septembre 2007

J'ai "dédié" un billet assez chaud pour célébrer la reprise de l'école, je ne vais pas me priver pour en faire autant et fêter à ma manière le retour du mois sacré, de façon assez sarcastique je le confesse, mais elle n'est pas vraiment trés loin des réalités passées et des hostilités "pacifistes" qui débuteront dès demain.

 

  

 

 Déambulations "sacrées" du jeûneur type !

 

 

 

 

Le sacré est-il à ce prix? Absentéisme, économie en veille, des villes entières frappées d'une torpeur de l'immobilisme et le pauvre citoyen-jeûneur dans des états de délabrements avancés.

 

La mine défaite, le regard famélique, la bouche fétide et l'énervement de mise il attaque sa journée, dans un consensus général à savoir très tardivement, faisant ainsi passer ses privations en tous genres pour les causes de ce ralentissement chronique.

 

Réveillé uniquement lorsqu'il s'échange avec un congénère dans le même état de déconfiture, la rituelle et machinale phrase réconfort: le miraculeux et obligatoire "saha fetourek" (bon appétit) mêmes à des heures très matinales. Là son oeil clignote quelques instants de bonheur, salivant de toutes ses papilles, même s'il sait qu'il est à des heures lumières de la ligne d'arrivée et du coup de canon libérateur.

 

A l'exception de ces seuls instants d'euphorie, notre jeûneur est irascible, acariâtre, bagarreur, de mauvaise foi et d'une humeur de chien. Il traine sa faim comme on traine son mal être. Anéanti, dans l'impossibilité de calmer toutes ses addictions terrestres qui font qu'il se retrouve à chercher la moindre petite bête aux autres misérables quidams que croise son haleine de chameau en transhumance forcée.

 

Dur dur d'être en manque! Alors comme pour occulter ce mal tenace, dés le début de l'après midi notre gars, comme l'ensemble de ses concitoyens, va à la recherche de son trophée journalier, qu'il devra patienter des heures pour le décrocher sur les podiums des bienheureux.


Des bousculades musclées se font dans des senteurs de miel dopeur, rappelant des mêlées de rugby qui paradoxalement n'est pas dans la culture sportive de nos religeuses contrées..

 

Des queues interminables sont le passage obligé, pour pouvoir enfin décrocher le sésame divin, à savoir l'obtention de la boîte blanche qui redonnera à son détenteur la force de tenir le coup. Mais rien n'est moins sûr, il guette anxieux les étals des pâtisseries, la peur au ventre de retourner bredouille pour rupture de stock.

 

Il dévisage très envieux les sortants déjà servis. Ces derniers fiers et hautains se dégagent de la meute en le toisant d'un d'air dédaigneux, faisant clignoter bruyamment de loin l'ouverture des portes de leurs carrosses évasion.

 

Après avoir subit l'épreuve du coude à coude viril, il se retrouve miraculeusement sur le chemin du retour, dans ses mains moites le "Saint-Graal" sucré, l'allure plus rapide et le dos moins courbé.


Dans une agitation qui a atteint son paroxysme, la masse compacte rejoint ses foyers dans une atmosphère d'attente nerveuse mélangée de mille odeurs exotiques, que les ménagères ont concocté pour le retour des maquisards de l'abstinence.

De son côté, notre vadrouilleur du jour, n'acceptera pas la moindre fausse note; car trop pressé de donner à son "djihad" contre la faim toute la mesure de son sens premier: à savoir s'en piffrer jusqu'au triomphe suprême.

 

Ainsi, toutes les éructations sonores dégagées avec délectation, ne sauront être un rempart contre les tentations du lendemain...


Demain ne sera pas un autre jour...


Tristesse éternelle d'un mois...d'une vie...vides d'improvisations profanes.

publié par BAROUD dans: baroud
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