L'abonné de la ligne "VIE" ! (suite et fin)
Le bus se transforme miraculeusement en cimaise, où un seul tableau, et quel tableau?!, se donne à voir dans une galerie toute acquise à sa beauté esthétique.
La simultanéité des jeux de lumières de la rue accentuait la majesté de ses deux cuisses ouvertes pour être offertes aux regardx bestiaux et pétillants de notre chercheur d'emploi.
Tout en la matant sans pudeur aucune , Il essayait de faire des efforts surhumains pour conserver dans sa tête des esquisses vivantes de cette oeuvre monumentale. Ainsi il ne pourra que mieux restituer l'ensemble de l'oeuvre au moment le plus opportun.
Mais incontestablement son plus grand désir, celui qu'il refait mentalement chaque jour à la même heure de façon compulsive est d'une simplicité "enfantine"; mais n'empêche il lui procure intérieurement une décharge d'adrénaline plus grande que tous les flashbacks artificiels.
Il se voit se lever, une rose blanche à la main. Parcourant euphorique les quelques pas qui le séparent d'elle, le tout dans un bus vidé de ses autres passagers. Un no man's land salubre,improvisé uniquement par le pouvoir de sa force mentale.
Puis d'un geste respectueux et après avoir présenté ses hommages avec déférence et religiosité , il déposera la rose et ses quelques épines, sur la chair gainée de noir d'une cuisse provocatrice et insouciante , débordante d'envie mais strictement interdite au toucher.
Le parfum de la rose enrobé des effluves paradisiaques que dégage la gisante vivante de la ligne 7, rendront ses deux interminables jambes galbées encore plus juteuses. Il s'empressera alors d'aller effleurer ce bouquet surréaliste du bout de ses lèvres assoifées d'instisfaction permanente.
Et si par bonheur une épine malencontreusement, pouvait s'accrocher par inadvertance au tissu du collant pour mettre à nue un centimetre carré de cette peau fatalement permissive , il serait alors au bord de l'ivresse perpetuelle faisant de lui le plus heureux des hommes pour le restant de ses futurs allers-retours d'abonné subjugué.
Déjà, elle s'était levée pour se diriger vers la porte de sortie. Le bus arrêté,venait de terminer son trajet. Terminus tout le monde descend. Il est le dernier à dévaler les quelques marches mouillées par une pluie fine porteuse d'espoir. Comme une odeur d'encens qu fumait dans un brasero magique accompagnait son envolée fabuleuse vers nulle part, avec un vent qui ramenait une étrange musique qui le chevauchait tel un envoûtement proprement incroyable.