Jeudi 17 Janvier 2008

Je l'ai vu apparaître au loin. Elle a emprunté l'allée, a contourné quelques cailloux et s'est levée sur le promontoire, le ventre collé contre le garde-fou. Puis, elle a tourné les talons pour disparaître à nouveau de mon horizon soudainement assombri.

 

Je l'avais à peine discernée, silhouette frêle vêtue de noir.

 

Je me suis machinalement avancé vers les dalles lisses du promontoire et me suis forcé à regarder. Un vertige m'a saisi, mes doigts ont étreint la balustrade. La falaise plongeait comme une étoffe déployée, froncée pas d'étroits escarpements.

 

Sur le plus proche, à quelques mêtres, j'apercevais des cailloux arrondis striés de rouge.

 

J'ai fait un pas de côté et je l'ai vue revenir. Elle avançait lentement, portée par le vent qui agitait ses cheveux. De loin, ses yeux semblaient clos. On aurait cru qu'elle accomplissait un rituel. Je me suis écarté quand elle s'est approchée et elle est remontée au surplomb.

 

Elle a refermé les mains autour de la rampe de métal et a paru brusquement s'envoler.

 

J'ai poussé un cri alors même que je sentais mes pieds reculer. Je me suis ressaisi et un mur invisible résistait à ma progresssion.

 

Le soleil est revenu d'un coup, aussi fort qu'au sortir d'une éclipse. Je songeais à la nuit qui semait les cauchemars dans le coeur vivant du jour.

publié par BAROUD dans: baroud

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