Interrogatoire trés "SPECIAL" (2)
Juste après ces paroles trés révélatrices, un silence se fit entendre dans ce hall déserté de toute présence autre que la leur. Comme une odeur de fauve accompagnait le déplacement fébrile de l'enquêteur. Il a sorti son pistolet et l'a fait sauter dans sa main machinalement. Ce n'était qu'un reflexe, mais de peur d'effaroucher son "invitée" il le dissimula vite dans un des nombreux tiroirs.
Et pour qu'il ne soit pas le seul à tourner comme un lion en cage, elle lui emboita le pas et se leva de son siège pour rentrer dans sa farandole tardive. Malgré l'heure avancée et la fatigue de la position assise, sa fraîcheur restait intacte.
Dans leur ronde nocturne improvisée, il trouve ses mots pour il lui expliquer brièvement, qu'il n'a pas du tout l'intention de l'ennuyer avec des questions au sujet du meutre de son concubin. Sa voix était forte et découpait ses paroles avec netteté. Après un bref silence, Il enchaîna dans son monologue inspiré par sa trés grande dose de whisky, en lui révélant qu'après tout, son mec était une pourriture de première et qu'il a eu ce qu'il m'éritait. Pour lui l'affaire était classée.
Elle venait enfin de comprendre la petit devinette de tout à l'heure qui parlait de nuages et de soleil.Le fait de passer entre les bras du commissaire principal et, faire la bringue avec, était la meilleure façon pour elle de remonter de ce sous sol gris en quatrième vitesse pour aller vers des rayons de soleil plus gratifiants.
Après ce préambule trés explicite, il enfonça le clou pour conclure que pour l'instant seule elle avait de l'intéret à ses yeux. Et pour ne pas donner de temps mort à sa déclaration, il l'entraina par la main vers une destination inconnue.
Elle se laissa conduire sans broncher. Mieux, elle le précéda par moments, ses pas empruntent d'une indéfinissable curiosité. Destination finale, un bureau trés coquet, où se trouvait une porte qui donnait sur un réduit dans lequel des banquettes de bois étaient disposées bizarrement comme pour acceuillir des messes trés arrosées. D'un coup de pied énergique, il s'empressa vite de fermer aussitôt.
Elle s'est tue longtemps captivée par le haut d'une armoire entrouvert où elle a aperçu une grande quantités de bouteilles de liqueurs toutes vidées de leur précieux contenu. Le tonnerre a fracassé le toit de la ville toute entière et des trombes ont commencé à se déverser. La timide lueur qui éclairait le lieu a lentement vacillé.Telle une lanterne, ressemblant sous la puissance de l'orage à une lampe à gaz. Des sons trés atténués parvenaient du dehors, et bientôt, elle a reconnu les échos amortis des soirs où tout est possible.
Elle éprouvait une anxiété positive indéchiffrable. Elle s'est secouée la tête comme pour mieux se rassurer. Dans cette pénombre glacée, son corps tout entier jetait des reflets d'opale. Il lui était impossible d'articuler la moindre phrase mais elle n'avait nullement envie de prendre congé. Elle a marché vers le fauteuil du bureau et ce n'était que pure bonheur, ses contours se sont révélés dans toute leur splendeur.
Debout devant elle, il évaluait ses réactions. Je crois qu'il a aperçu son mouvement de recul devant le metal gris et froid des menottes avec lesquelles il venait de lui caresser les pommettes...à suivre...
