Avant tout essayons de résumer le topo. Nous avons deux situations similaires en apparence, l'une algérienne, l'autre russe. Poutine et Bouteflika sont frappés tous deux d'inégibilité, car la constitution des deux pays ne prévoit pas plus deux mandats consécutifs pour un même président. Là se sont les faits, mais les astuces pour les contourner sont différentes suivant la culture politique de chaque clan.
Le "judoka" Poutine , zen et "démocratique" jusqu'aux bouts des ongles a accepté la règle du jeu, en annonçant qu'il allait se nommer premier ministre puis désigner le futur président de la Russie. Une poupée russe qui va obéir au doigt et à l'oeil à l'ancien agent du KGB, ancien président et futur premier ministre. Personne n'est lésé, l'honneur des magouilles est sauf et le plus important, pas de passage en force pour réviser l'article létigieux.
Chez nous, rien de tout cela. L'ancien capitaine de l'ALN, ancien cadre influent du redoutable conseil de la révolution, et plusieurs fois ministres dans de nombreuses vies, veut à tout prix garder son siège et pour trés longtemps. Pour cela, tous les moyens de l'état ont été mobilisés pour crier haut et fort que l'homme est une providence pour le pays et qu'il doit signer à vie un engagement présidentiel.
Toutes les "meddahates", menestrelles et mignons du monarque, représentant l'un des maillons infaillibles du système sont sur le pont. Emissions de télévisions, la pléthore de nos partis "indépendants" sans oublier le ramassis de voyous qui dirige le syndicat des travailleurs, tous ont été mobilisés pour imposer leur(celle des donneurs d'ordres) conception de l'état de droit.
Alors qu'il aurait été plus facile de trouver une marionnette à notre éloquent chef d'état, réplique même imparfaite d'une poupée russe, la faire élire comme une lettre à la poste, et que cette dernière nomme en toute légitimité un super premier ministre ou mieux un tout puissant vice président en la personne....je vous le donne en mille....de si Abdelkader el Mali alias Bouteflika Abdelaziz. Le compte sera bon, la légalité "respectée" et ainsi ni révision constitutionnelle ni accusations de despotisme caractérisé.
Pardi, le bon sens est si commun. Alors pourquoi se compliquer la vie lorsqu'on peut faire simple pour atteindre des résultats analogues. A savoir une inlassable continuité dans un changement de façade immuablement gagnant pour le consortium, un cartel trés privé, qui nous administre sans anicroches depuis le début de notre triste histoire de pays indépendant.
