Ce n'était pas vraiment une garde à vue puisque, une heure après mon incarcération personne ne s'était montré. J'ai d'abord éprouvé de la colère. Par la suite, une agitation m'a gagné.
Mais, peu à peu j'y discernais de l'hostilité envers moi et pour terminer je la reconnaissais.Ce qu'elle avait de familier, c'était sa nudité: pas un objet posé, qu'on puissse voir, entendre ou soulever.
Cependant, j'avais encore de la lucidité, cette ferveur de la déduction, que donnent souvent les accés de fièvre.
Admettons que quelqu'un ait su par avance que l'isolement dans l'inactivité oblige le retour sur soi. Il aurait organisé ce dépouillement à dessein, mais en s'imaginant à encourager une salutaire méditation. Il fallait être moi pour regretter qu'il n'y ait pas de de mauvaises ondes à chasser ni d'immondices à respirer.
Plus tard, mon raisonnement faiblissait. Le silence m'a précipité dans l'affolement.
La nuit malicieuse repoussait des hurlements despérés que la lune épanouie en faisait l'echo.
