Lassé par un ostracisme très sévère et pugnace qui a trop duré, l'humoriste de génie Dieudonné a franchi le rubicon en allant s'acoquiner avec l'ex para tortionnaire et raciste Jean-marie Le Pen, et ainsi créer avec lui un hypothétique front du refus basé sur l'horreur, l'infamie et l'abjection.
Après lui avoir rendu hommage et visité sur ses terres fascistes, il vient de le consacrer parrain d'un de ses enfants le tout sous la houlette d'un abbé notoirement connu pour ses positions intégristes.
Comme quoi il est toujours possible de faire rencontrer les contraires pour peu que l'environnement se décide de mener la vie dure à l'une des parties qui refuserait mordicus de suivre comme un toutou docile la pensée unique développée par des "intellos" de la cité eux mêmes admirablement instrumentalisés.
Des cas semblables sont légion. Par opportunisme, par profit ou pour dire sa révulsion à l'Establishment (le cas de Dieudonné), tous finissent souvent dans une compromission crasse et déshonorante.
Par intérêt purement pécuniaire, me rappelle l'histoire d'un ami (ex ami); banquier de son état et pilier invétéré de tous les bistrots et autres troquets d'Algérie et de Navarre. Pour accéder aux bonnes faveurs des dirigeants d'une banque saoudienne installée dans le golfe, il s'est mis à se travestir vestimentairement à chaque appel du muezzin pour aller prier avec son staff dirigeant nourricier.
Depuis sa rédemption soudaine et calculée, il est considéré chez moi comme persona non grata, car je suis uniquement intransigeant sur la "probité morale" de mes convives.
Dans le domaine de l'opportunisme, le cas d'école le plus célèbre et qui a fait rire sous cape bon nombre de ses collègues et d'observateurs avertis, c'est celui de notre ministre de la culture Khalida Toumi.
Il y a quelques mois, s'est recouverte d'un voile islamique, qu'elle a atterri à Téhéran pour une visite officielle chez les mollahs. Après avoir renié toute sa dignité et tous ses petits principes d'anti-intégrisme édictés par ses gourous de l'époque, elle s'est retrouvée à faire du pied (au sens propre et figuré) aux différents puissants mandarins du pays.
Récompensée depuis quelques temps ministre de la république, elle est prête pour rester en poste, a porté le tchador, et même la bourka, au cas où nos décideurs éclairés décideraient de changer de cap, pour nous installer dans un régime théocratique pur et dur.
Après avoir passé en revue ces quelques cas d'espèces, je me dis que Dieudonné est certes blâmable, mais pas autant que nos ambitieux et arrivistes concitoyens . Son dépit et sa mise en quarantaine ont fait qu'il a complètement péter les plombs pour verser (j'espère momentanément) dans le grotesque le plus sinistre.